Douze essais sur la décadence
Textes inédits établis, présentés et annotés par Gilles Banderier
« L'analyse prophétique de la chute des civilisations occidentales »
Résumé
Pourquoi lire ce livre ?
- Une vision prophétique des crises actuelles dès les années 1970
- 12 essais inédits d'un grand penseur politique français méconnu
- Une grille de lecture essentielle pour comprendre notre époque
- Une réflexion lucide qui dépasse le catastrophisme ambiant
Extrait
La notion de décadence vient de faire irruption dans notre univers de pensée, non pas soudainement mais avec une sorte de lourdeur opaque et crispante. Déjà elle affecte le sentiment. Un certain nombre d’auteurs nous avaient pourtant averti de l’imminence de cette préoccupation, les plus lointains dans le temps étant Brooks Adams, Nietzsche, G. Sorel, et plus près de nous Spengler et Valéry. Au demeurant, lorsqu’on considère les choses de plus près, on constate qu’une littérature immense s’est accumulée sur la question au cours de notre siècle, que le problème fait partie de l’interrogation de nombreux sociologues, historiens, philosophes et politologues : Pareto, Max Weber, L. Rougier, C. Schmitt, G. Ferrero, Ortega y Gasset, Unamuno, Toynbee, etc. Raymond Aron qui possède un sens étonnant pour happer en quelque sorte un problème qui va se poser, en discute dans plusieurs de ses ouvrages .
La brusque explosion de la société de consommation en Europe au lendemain d’une guerre effroyable a pu faire naître le sentiment que l’idée de décadence était un spectre qu’agitent les esprits aigris, ou ceux qui prennent plaisir à être en réaction aux tendances de leur temps. De toute façon l’esprit de la philosophie des Lumières, qui a pénétré toute la philosophie idéaliste à la suite de Kant, de Hegel, mais aussi de Marx, semblait trouver une confirmation de la théorie du progrès dans les prouesses de la technique, de la science et de l’économie. N’est-il pas vrai que la notion de décadence fait partie des idées plus ou moins factices qu’on agite à toutes les époques ?